KANAL-Centre Pompidou - © Veerle Vercauteren, 2018

1. RAYONNER HORS DE SES MURS, UN ENJEU MAJEUR DE DÉVELOPPEMENT

Le Centre Pompidou rayonne dans les régions et à l’international. Il permet au plus grand nombre d’admirer les œuvres de l’une des deux premières collections d’art moderne et contemporain au monde, de découvrir ses productions cinématographiques, sa riche programmation de spectacles vivants ou encore de participer à des activités en famille. 

 

#S’IMPLANTER PAR-DELÀ LES FRONTIÈRES

Bruxelles – Ouverture de KANAL-Centre Pompidou

Le 18 décembre 2017, le Centre Pompidou signe une convention de partenariat structurel d’une durée de dix ans avec la Région de Bruxelles-Capitale et la Fondation KANAL. Elle pose les jalons de la création d’un nouveau pôle culturel et pluridisciplinaire, KANAL-Centre Pompidou, dans l’ancien garage Citroën de la place de l’Yser à Bruxelles.

Le projet architectural des bureaux noAarchitecten (Bruxelles), EM2N (Zurich) et Sergison Bates architects (Londres) pour la reconversion de ce site emblématique a été choisi à l’unanimité par le jury de sélection, dont le président du Centre Pompidou faisait partie et qui s’est réuni du 11 au 13 mars 2018 sous l’égide de l’architecte suisse Roger Diener.
L’achèvement des travaux, qui doivent débuter à l’automne 2019, est prévu à l’horizon 2023.

Esquisse de la filiale belge S.D. (RLICC-IPW3-Study Citroën 2013-2014) © D. R.
Esquisse de la filiale belge S.D. (RLICC-IPW3-Study Citroën 2013-2014) © D. R.#
Vue du projet Kanal-Centre Pompidou © NOA - EM2N - SERGISON BATES
Vue du projet Kanal-Centre Pompidou © NOA - EM2N - SERGISON BATES#
Vue du projet Kanal-Centre Pompidou ; Intérieur du site © NOA - EM2N - SERGISON BATES
Vue du projet Kanal-Centre Pompidou ; Intérieur du site © NOA - EM2N - SERGISON BATES#

L’ouverture de ce grand pôle culturel pluridisciplinaire fait pleinement écho à l’ADN du Centre Pompidou et constitue un véritable projet urbain favorisant la revitalisation et la redynamisation du territoire bruxellois.
Le Centre Pompidou mettra à disposition des œuvres de ses collections pour présenter un parcours permanent et deux expositions annuelles, conçus par des conservateurs du Musée national d’art moderne, et exercera également une mission de conseil et d’assistance pour la stratégie d’acquisition des collections permanentes. Il apportera son expertise en s’appuyant sur toutes les compétences de ses équipes : programmation culturelle pluridisciplinaire, production, architecture, médiation et développement des publics, édition, communication…
En attendant l’ouverture du site, une programmation culturelle de préfiguration, dont le commissariat général a été confié à Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne, permet au public, de mai 2018 à juin 2019, de découvrir un patrimoine architectural exceptionnel, chargé d’histoire et conservé à l’état brut.

Bénéficiant de la richesse des collections du Centre Pompidou, l’ancien garage se transforme en une plateforme ouverte à une réflexion sur les enjeux du musée de demain, accueillant une programmation aux croisements des disciplines, qui se déploie dans les vastes espaces récemment libérés de leurs fonctions. De multiples propositions s’attachent à faire écho à l’identité du lieu, mais également à son histoire humaine et sociale, palpable au fil des ateliers, des bureaux et des différents équipements de ce vaste complexe.

Diverses expositions mêlant arts visuels, design et architecture, grandes installations, créations d’artistes installés à Bruxelles, ainsi qu’une programmation de spectacles vivants coproduits pour l’occasion avec de nombreux opérateurs culturels de la ville sont proposées jusqu’en juin 2019.

Un week-end d’ouverture festif

Le vendredi 4 mai 2018, Françoise Nyssen, ministre de la Culture, Rudi Vervoort, ministre-président de la Région bruxelloise, Michèle Sioen, présidente de la Fondation KANAL, Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou et Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne, étaient présents pour l’inauguration de KANAL-Centre Pompidou.

 

Shanghai – Centre Pompidou × West Bund Museum 

Confirmant le protocole d’accord signé à l’été 2017, le Centre Pompidou et le West Bund Development Group, groupe parapublic d’aménagement de la zone fluviale du district de Xuhui, à Shanghai, développent ensemble un projet de coopération culturelle unique en son genre entre la France et la Chine, dont l’ouverture au public est prévue pour la fin 2019.

Le projet du futur Centre Pompidou à Shanghai, alias le « West Bund museum », dessiné par David Chipperfield / Centre PompidouLe projet du futur Centre Pompidou à Shanghai, alias le « West Bund museum », dessiné par David Chipperfield / Centre Pompidou

La collaboration initiale de cinq ans s’articulera autour de quatre axes :

  • Le prêt d’œuvres des collections du Centre Pompidou ;
  • La conception d’expositions exclusives, en résonance avec le contexte culturel local ;
  • Le développement d’activités d’éducation artistique ;
  • La formation de professionnels des musées.

Ce projet inédit par la nature de sa coopération et sa durée enrichira l’offre artistique du quartier culturel de West Bund, qui accueille depuis 2014 plusieurs équipements culturels ambitieux de rayonnement international.

Installé dans un bâtiment en cours de construction d’une surface d’environ 22 000 m² dessiné par l’architecte britannique David Chipperfield, le projet permettra de valoriser les échanges de savoir-faire franco-chinois et de créer à Paris et à Shanghai de nouvelles convergences entre les scènes d’art contemporain.

Trois galeries seront consacrées à la présentation des collections du Centre Pompidou grâce à un parcours semi-permanent et des expositions. Une « black box » permettra la présentation d’installations multimédias de grandes dimensions, tandis qu’une « project room » accueillera des projets in situ, plus prospectifs, élaborés par des artistes chinois émergents, parfois en dialogue avec des artistes étrangers.

Les cycles de conférences, de spectacle vivant et les projections, se tiendront au sein d’un vaste auditorium.

Enfin, un hall de presque 800 m² accueillera une programmation riche et dynamique d’activités développées par la direction des publics (playground pour les très jeunes, ateliers, etc.).

Un bâtiment emblématique

Conçu par l’architecte britannique Sir David Chipperfield, le bâtiment de 22 000 m² se situe le long du fleuve Huangpu, au cœur d’un quartier de Shanghai en plein développement. Trois volumes, représentant les trois principaux halls d’exposition, offrent chacun des points de vue représentatifs de la ville. Le bâtiment est construit selon un système de poteaux-poutres en béton. Les façades sont revêtues d’un parement en panneau de verre opalescent, le « jade glass », à l’aspect très sensiblement teinté de vert. En construction depuis 2017, sa livraison est prévue pour le premier semestre 2019. 

Vue du bâtiment en cours de construction © Sébastien DugauguezVue du bâtiment en cours de construction © Sébastien Dugauguez

Málaga – Prolonger le partenariat

Le premier contrat signé avec la ville de Málaga prendra fin en mars 2020. Toutefois, la municipalité de Málaga a souhaité annoncer bien avant ce terme la prolongation du partenariat pour cinq ans supplémentaires. La formalisation de cette reconduction interviendra au moment prévu par le contrat initial, au premier trimestre 2019.

Vue du Centre Pompidou Málaga ; Incubé, travail in situ, Daniel Buren, mars 2015 © Carlos Criado / Ayuntamiento de Málaga

Vue du Centre Pompidou Málaga ; Incubé, travail in situ, Daniel Buren, mars 2015 © Carlos Criado / Ayuntamiento de Málaga

Cette année a marqué la reconnaissance du Centre Pompidou Málaga comme un établissement culturel de premier plan ainsi qu’un lieu à la popularité croissante. Le 6 février 2018 le Centre Pompidou Málaga a ainsi accueilli la remise des médailles d’or des Beaux-arts d’Espagne, en présence de leurs Majestés le roi et la reine d’Espagne, tandis que le départ de la première étape de la Vuelta (tour cycliste d’Espagne) a été donné cet été devant le bâtiment.

La richesse et la diversité de la programmation 2018 ont permis au Centre Pompidou Málaga d’accueillir, au 31 décembre 2018, 667 495 visiteurs depuis son ouverture au public le 28 mars 2015 (soit 562 visiteurs par jour en moyenne).

667 495 VISITEURS
Depuis le 28 mars 2015
 562 VISITEURS
Par jour en moyenne

Les expositions conçues par les conservateurs du Musée national d’art moderne ont mis en avant plusieurs secteurs des collections :

  • « Constantin Brancusi, films, photos, sculptures » (commissaires : Julie Jones et Philippe-Alain Michaud)
  • « Dubuffet, le voyageur sans boussole » (commissaire : Sophie Duplaix)
  • « Construire l’air. Architecture et design gonflables, 1960-1975 » (commissaire : Valentina Moimas).
Vue de l'exposition "Construire l'air" au Centre Pompidou Málaga © Centre Pompidou
Vue de l'exposition "Construire l'air" au Centre Pompidou Málaga © Centre Pompidou#
Vue de l'exposition "Construire l'air" au Centre Pompidou Málaga © Centre Pompidou
Vue de l'exposition "Construire l'air" au Centre Pompidou Málaga © Centre Pompidou#
Vue de l'exposition "Constantin Brancusi, films, photos, sculptures" au Centre Pompidou Málaga - © Centre Pompidou
Vue de l'exposition "Constantin Brancusi, films, photos, sculptures" au Centre Pompidou Málaga - © Centre Pompidou#
Vue de l'exposition "Constantin Brancusi, films, photos, sculptures" au Centre Pompidou Málaga - © Centre Pompidou
Vue de l'exposition "Constantin Brancusi, films, photos, sculptures" au Centre Pompidou Málaga - © Centre Pompidou#

Un cycle cinéma a été proposé en écho au parcours semi-permanent qui se déploie autour des « Utopies modernes » (commissaire : Brigitte Leal-Rodenas), conçu en collaboration avec le service du cinéma expérimental.

La manifestation Hors Pistes, « Le Stade de l’art », portée par le département du développement culturel, s’est déclinée en co-commissariat avec les équipes de Málaga, permettant une meilleure insertion dans le réseau culturel du territoire.
Quant aux « Noches en Danza », fruit d’une collaboration avec le service des spectacles vivants, elles ont remporté un vif succès.

La direction des publics a proposé de nombreux événements familiaux, destinés aux jeunes adultes ou aux enfants, ainsi que des expositions-ateliers tels le « Blobterre » de matali crasset, ou « Matière à rétro-projeter ».

 

#DIFFUSER EN FRANCE ET À L’INTERNATIONAL

Les principales itinérances et la programmation spécifique

Sept expositions-ateliers ont circulé en France, et quatre à l’international, incluant deux itinérances au Centre Pompidou Málaga : « Le Blobterre » de matali crasset et « Matière à rétro-projeter » (fermeture janvier 2019). L’exposition-atelier « Quel cirque ! » autour de Calder a connu sa plus longue période de présentation en France (huit mois d’ouverture), permettant d’accueillir près de 20 000 visiteurs.

Vue de l'exposition "Le Blobterre" de matali crasset au Centre Pompidou Málaga © Jaime Mena
Vue de l'exposition "Le Blobterre" de matali crasset au Centre Pompidou Málaga © Jaime Mena#
Vue de l'exposition "Le Blobterre" de matali crasset au Centre Pompidou Málaga © Jaime Mena
Vue de l'exposition "Le Blobterre" de matali crasset au Centre Pompidou Málaga © Jaime Mena#
Exposition-atelier "Mon œil !" au Centre Pompidou Málaga © Jaime Mena
Exposition-atelier "Mon œil !" au Centre Pompidou Málaga © Jaime Mena#
Exposition-atelier "Mon œil !" au Centre Pompidou Málaga © Jaime Mena
Exposition-atelier "Mon œil !" au Centre Pompidou Málaga © Jaime Mena#

Itinérances et coproductions des expositions en 2018

Fort du succès des itinérances de ses expositions, le Centre Pompidou poursuit une politique exigeante de diffusion des projets internationaux.

Ainsi, l’exposition « Walker Evans », présentée au Museum of Modern Art de San Francisco, a fermé ses portes le 4 février 2018 en confirmant l’enthousiasme des premiers mois d’exploitation, portant le chiffre total de fréquentation du musée à 342 338 visiteurs.

En parallèle, la coproduction permettant de présenter la rétrospective « David Hockney » et qui se terminait le 25 février 2018 au Metropolitan Museum of Art, totalisait à elle seule 363 877 visiteurs pour l’étape new-yorkaise.

À New York encore, « Chagall, Lissitzky, Malévich. L’avant-garde russe à Vitebsk, 1918-1922 », du 13 septembre 2018 au 2 janvier 2019 au Jewish Museum a déjà accueilli 41 178 visiteurs.

Enfin, l’exposition « Vasarely » coproduite avec le Städel Museum, qui la présente depuis le 26 septembre 2018 à Francfort, sera proposée au Centre Pompidou, dans un format différent, du 6 février au 6 mai 2019.

Les prêts et dépôts dans les régions et à l’international

La richesse de ses collections fait du Centre Pompidou l’un des tout premiers prêteurs au monde et conforte son rayonnement et son influence auprès des institutions muséales internationales. Cette politique très active de prêts lui permet également de nouer des liens forts et durables avec les autres musées.

Après une année exceptionnelle en 2017 à l’occasion de l’anniversaire de ses 40 ans, le Centre Pompidou a reçu 9 414 demandes de prêt et en a accepté 4 550.

Les refus sont justifiés en raison de la fragilité des œuvres (œuvres graphiques par exemple), ou d’un état non compatible avec une exposition au public. D’autres demandes n’ont pu aboutir parce que l’œuvre était déjà prêtée. Le nombre d’expositions concernées est en légère hausse (383 en 2018 contre 377 en 2017).

Répartition par disciplines (France et étranger)
•    arts plastiques (peintures, sculptures, installations) : 1 253
•    dessins et estampes : 941
•    photographie : 751
•    architecture : 371
•    documents de la bibliothèque Kandinsky : 355
•    design : 256
•    œuvres cinématographiques : 213
•    vidéos : 172

Les prêts à Paris et dans les régions

En France, 1 994 œuvres ont été prêtées en 2018.

Répartition par type d’expositions :

56%
Expositions courantes
39%
Hors les murs
5%
Metz

Quelques expositions marquantes, ayant fait l’objet de prêts du Centre Pompidou :

•    Au musée Granet d’Aix-en-Provence, pour l’exposition estivale « Picasso Picabia, la peinture au défi » (9 juin-23 septembre 2018), 10 œuvres prêtées (commissaire : Aurélie Verdier) ;

•    Au Bozar de Bruxelles, l’exposition « Fernand Léger » du Centre Pompidou-Metz a fait escale en Belgique à l’occasion des 90 ans du palais des Beaux-arts de Bruxelles (9 février-3 juin 2018), 64 œuvres de l’artiste prêtées (commissaire : Ariane Coulondre) ;

•    Au musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC+), pour l’exposition « Design et merveilleux » (1er décembre 2018-21 avril 2019), 61 œuvres prêtées (commissaire : Marie-Ange Brayer) ;

•    Au musée Hyacinthe Rigaud à Perpignan, pour l’exposition « Raoul Dufy, les ateliers de Perpignan 1940-1950 » (23 juin-4 novembre 2018), 48 œuvres prêtées (commissaire : Christian Briend).

Vue de l’exposition Design et merveilleux au musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole 2018 © Marie-Ange BrayerVue de l’exposition "Design et merveilleux" au musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole, 2018 © Marie-Ange Brayer

Les prêts à l’international

Le nombre de prêts à l’étranger a atteint 2 556 œuvres.

Au Centre Pompidou Málaga, 65 œuvres ont été prêtées pour le nouvel accrochage et 422 pour des expositions (« Utopies modernes », « Jean Dubuffet, le voyageur sans boussole », « Construire l’air » et « Brancusi »).

Les dépôts

Les dépôts sont accordés pour de longues durées à des institutions dans les régions, dans le cadre de la politique de diffusion territoriale des œuvres des collections du Centre Pompidou. Ils tiennent une place importante dans son activité puisque près de 5 500 œuvres sont actuellement déposées dans les musées en région. Le Musée répond le plus souvent favorablement aux demandes de dépôts mais la tendance observée ces dernières années montre que les récolements effectués dans les musées et la signature, maintenant systématique de convention de dépôt, conduisent plutôt les institutions à rendre des œuvres qu’à en emprunter.

Par ailleurs, chaque nouvelle dation fait l’objet d’une dispersion systématique sur le territoire national (exemple : la dation Soto). Enfin, les dépôts importants coïncident souvent avec l’ouverture de nouveaux lieux de diffusion dans les régions.

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