Vue du Mnam / Cci - © Hervé Véronèse

5. LES PRINCIPALES ACQUISITIONS, DE TOUS HORIZONS

La politique d’acquisition nourrit la pluridisciplinarité si caractéristique des collections du Centre Pompidou comme de sa programmation. Elle est conduite afin que des œuvres des scènes artistiques du monde entier puissent entrer en collection et être présentées au public, contribuant ainsi à l’écriture d’une histoire mondiale de l’art moderne et contemporain. 

 

#LES ACHATS

PAOLO ICARO, FORESTA METALLICA, 1967 

Acier, peinture

Protagoniste de premier plan de l’art italien des années 1960, Paolo Icaro fait aujourd’hui l’objet d’une redécouverte au travers d’expositions et de publications sur son œuvre. Paolo Icaro, né en 1936 à Turin, a renoncé à une approche sculpturale classique et s’est rapproché d’une dimension toujours plus analytique de la création. Foresta metallica apparaît comme le point d’achèvement où les frontières entre sculpture, architecture et environnement s’abolissent, concept cher à l’artiste.
Cette œuvre complète l’ensemble unique de travaux liés à la mouvance italienne des années 1960 et permet au Centre Pompidou d’amplifier sa collection par des œuvres de caractère monumental, offrant au spectateur une véritable expérience de l’espace.
 

KATHARINA FRITSCH, SARG (COFFIN), 2016

Panneau de fibre de bois, acrylique

Katharina Fritsch est une artiste allemande née en 1956 à Essen, puisant fréquemment dans le fonds du folklore et des contes pour enfants, d’où elle déplace divers stéréotypes de la conscience collective. L’acquisition de cette œuvre permet de faire entrer Katharina Fritsch dans la collection du Centre Pompidou, dont elle était absente.
 

OMER FAST, AUGUST, 2016 

Film stéréoscopique en 3D

Né à Jérusalem en 1972, Omer Fast explore des formes narratives complexes à travers une pratique qui trouble les frontières entre le « réel » et la « représentation ». Si l’origine de ses récits est souvent documentaire, leur construction défie les conventions cinématographiques et résiste à toute conclusion ou révélation d’une « vérité » ultime de la narration. L’imbrication du passé et du présent, de l’individuel et du collectif, sont les fils conducteurs de ses travaux. La dernière œuvre réalisée à ce jour par Omer Fast est librement inspirée de la trajectoire du photographe August Sander (1876-1964), pratiquement aveugle et incapable de dormir à la fin de sa vie, tandis que des images du passé venaient hanter sa mémoire.
 

FRED LONIDIER, GAF SNAPSHIRTS, 1976 

Installation de trente-deux T-shirts, photos/textes

Né en 1942 dans l’Oregon aux États-Unis, Fred Lonidier est un photographe, un militant et un théoricien remettant en cause la notion d’auteur et fustigeant le documentaire engagé. Il interroge les possibilités de la photographie comme outil de changement social. GAF Snapshirts prend la forme d’installation photographique complexe que l’artiste décrit lui-même comme « une sorte d’œuvre pop art politique », critiquant ainsi le système de production capitaliste que peut représenter l’entreprise GAF, spécialisée dans les matériaux pour le bâtiment. Fred Lonidier produit une œuvre critique décisive pour la compréhension des mouvements artistiques militants des années 1960-1970 de la côte ouest américaine.

 

#LES ACHATS AVEC FONDS DU PATRIMOINE

JULES PASCIN, LAZARE ET LE MAUVAIS RICHE, 1923-1925

Huile sur toile 

L’artiste bulgare, né en 1885, a été une des figures du Montparnasse bohème et cosmopolite de son temps. Jouissant d’une reconnaissance du marché et des grands salons officiels européens, Jules Pascin a produit une œuvre singulière, libertine, grinçante, expressionniste mais qui ne s’est jamais coulée dans aucune esthétique, aucune école. Avec ses dimensions imposantes (son plus grand tableau, 244 × 352 cm) et son sujet biblique, la composition se distingue du reste de sa production, largement constituée de scènes de genre ou de portraits. Les collections publiques sont riches d’œuvres sur papier et de quelques peintures de Pascin issues de donations mais Lazare et le mauvais riche représente le chef d’œuvre de l’artiste.

Jules Pascin, Lazare et le mauvais riche, 1923-1925 © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GPJules Pascin, Lazare et le mauvais riche, 1923-1925 © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP
 

#LES ACHATS AVEC MÉCÉNAT

SONJA FERLOV MANCOBA, SANS TITRE, 1940-1946

Fonte des années 1970 et onze dessins
Achat avec le soutien de la Ny Carlsbergfondet

La sculptrice danoise Sonja Ferlov Mancoba (1911-1984) est pratiquement inconnue en France bien qu’elle y ait passé la plus grande partie de sa vie. Durant son séjour parisien pendant la guerre, elle ne travaille qu’à une seule sculpture considérée comme son œuvre majeure. Alors que le motif du masque était prédominant dans son œuvre antérieur, elle a créé ici une forme abstraite, triangulaire, concentrant une grande force. Sept exemplaires en bronze sont réalisés après 1970 et l’acquisition du Centre Pompidou correspond au n°0, initialement réservé à l’artiste.

 

Collection Marie-Aline Prat

Grâce à la générosité exceptionnelle de Marie-Aline Prat, le Centre Pompidou a fait l’acquisition de huit œuvres majeures provenant de la collection d’art contemporain constituée par Jean-François et Marie-Aline Prat.

 

#LES DONS

KAY SAGE, MAGIC LANTERN, 1947

Huile sur toile
Don d’Alice Mayoux

Kay Sage est une artiste surréaliste américaine, à la fois peintre et poète. Aux côtés d’Yves Tanguy, son mari, elle accueille nombre d’artistes français en exil pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette huile sur toile est caractéristique de son travail, avec une construction presque scénique de l’espace et la représentation d’une nature désolée. Ce don vient compléter avantageusement la collection d’œuvres surréalistes du Centre Pompidou et constitue la première entrée d’une œuvre de cette artiste au vocabulaire onirique.
 

YVES TANGUY, GOUACHE SUR PAPIER, 1947

Gouache sur papier
Don d’Alice Mayoux

Les collections du Centre Pompidou possèdent déjà, outre d’importantes peintures d’Yves Tanguy, quelques très beaux dessins conservés au Cabinet d’art graphique dont un Sans titre proche esthétiquement de celui reçu en don. Cette gouache, exécutée sur papier teinté de noir, représente un paysage pétrifié moins menaçant qu’onirique. Son biomorphisme traduit « l’humour du plus beau noir » de cet artiste qu’André Breton s’était plu à souligner.
 

ELLSWORTH KELLY, MONT SAINTE VICTOIRE DE BEAURECUEIL, 2000 

Crayon sur papier, deux feuilles
Don de la Ellsworth Kelly Foundation

Grand expérimentateur des procédures aléatoires (de « l’anticomposition »), de la géométrie et des aplats de couleur, Ellsworth Kelly a également été un dessinateur hors pair. Dans la droite descendance d’Ingres, son dessin est constitué d’un seul trait, d’une ligne pure. Le traitement graphique de cette silhouette de montagne, la Sainte Victoire, hommage à Cézanne, rehausse encore la dimension méditative, sereine du propos voulu par l’artiste.
 

CESAR, COMPRESSION, 1960 

Tôle compressée
Don de Christian Moueix

César, Compression, 1960 © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GPCésar, Compression, 1960 © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP

Il n’est plus la peine de présenter les Compressions de César. Cette Compression faisant partie de celles dites « historiques » inaugure ce geste d’une radicale simplicité qui provoque à l’époque scandale et incompréhension générale. Par ce généreux don, cette œuvre, présente dans la rétrospective que le Centre Pompidou a consacrée à l’artiste en 2017/2018, vient rejoindre dans les collections du Centre Pompidou la Compression Ricard.
 

ANSELM KIEFER, FÜR VELIMIR CHLEBNIKOW: SCHICKSALE DER VÖLKER, 2013-2018

Verre, acier, plomb, bois, toile de jute, argile, gomme laque, pierre volcanique
Don de l’artiste

C’est à l’issue de la rétrospective que le Centre Pompidou lui a consacrée (décembre 2015-avril 2016) qu’Anselm Kiefer a souhaité offrir au Musée une œuvre capitale dont le titre lui-même met à jour la complexité du propos qui l’anime. Cette œuvre qui concentre les recherches de Kiefer tout au long de son processus créatif témoigne du champ d’investigation constant de l’artiste, du format monumental de son travail et de l’exploration des dispositifs sous vitre qu’il poursuit désormais. Elle rejoint les deux seules œuvres de l’artiste que le Centre Pompidou possède.

Ensemble de mobilier moderniste :

Pierre Dariel, Chaise pliante d’extérieur, vers 1923
Marcel Breuer, Table de travail, vers 1925-1926
Edouard-Wilfrid Buquet, Lampes à poser orientables, vers 1927
Robert Mallet-Stevens, Chaise, vers 1929 et Chaise, vers 1938
Ludwig Mies van der Rohe, Fauteuil Modèle MR 20, vers 1932

Ludwig Mies van der Rohe, Fauteuil Modèle MR 20, vers 1932 © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GPLudwig Mies van der Rohe, Fauteuil Modèle MR 20, vers 1932 © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP

JM procédés d’éclairage, Lampadaire de parquet, vers 1932
Francis Jourdain, Projets de mobilier, 1933
Ivan Da Silva Bruhns, Cartons originaux de tapis, 1933 et 1937
Dons de Denis et Sophie Doria 

Cet ensemble de mobilier des années 1920-1930, ayant fait l’objet d’un don, illustre parfaitement les tentatives des designers de cette époque d’allier esthétisme et fonction utilitaire. Ce remarquable ensemble vient avantageusement enrichir les collections design du Centre Pompidou.

Les amis du Centre Pompidou

En 2018, les amis du Centre Pompidou élargissent leur offre pour proposer le meilleur à ses membres et soutenir toujours plus activement l’Institution. La catégorie grand donateur est ouverte à ceux qui souhaitent renforcer leur complicité avec le Musée national d’art moderne, se rapprocher de Bernard Blistène, son directeur. L’option famille est créée pour permettre aux membres de bénéficier d’activités exclusives en famille le samedi matin avant l’ouverture au public, de l’atelier des enfants au studio 13/16.

À l’occasion de leur diner annuel de gala le 10 avril 2018, les amis du Centre Pompidou ont confié à l’architecte et designer belge Charles Kaisin, la direction artistique de la soirée. Le temps d’un dîner, le musée s’est prêté au jeu de la métamorphose, 850 convives ont vécu un voyage en « black and white », décliné en différents tableaux.
 

Pour la 2ème édition de You x Art x Centre Pompidou, les amis du Centre Pompidou ont donné carte blanche à Davide Balula. Disséminés au sein des collections contemporaines du Musée, 60 musiciens de l’Orchestre Lamoureux ont interprété le déplacement des aiguilles d’une montre, de salle en salle, de musicien en musicien.

À partir de 23h30, avec la complicité de We Love Art, les amis du Centre Pompidou ont transformé le Forum en dancefloor géant. Autour d’une installation lumière du collectif Visual System, les 1200 invités ont dansé au rythme des DJ, Laurent Garnier, b2b, Pedro Winter, TEZ, Safia Bahmed Schwartz, Sons of Raphael et Miley Serious.

En 2018, les mécènes des différents chapitres du Cercle International ont souhaité accroitre leur générosité en rendant possible les projets d’expositions du Mnam consacrés à Sheila Hicks, Adrian Ghenie et Maya Dunietz : ces soutiens ont engendré des dons pour les collections.

Les groupes dévolus à l’art contemporain, à la photographie, au design et celui des jeunes mécènes continuent à s’étoffer.

Toutes actions confondues, les amis du Centre Pompidou ont fait don en 2018 d’œuvres d’une cinquantaine d’artistes :

Alvar AALTO, Franco ALBINI, Rina BANERJEE, Marc BERTHIER, Viktoria BINSCHTOK, Jean BURKHALTER, Dalibor CHATRNY, Julien CREUZET, Sara CWYNAR, Andre du BOUCHET, Egon EIERMANN, Harun FAROCKI, Carole FEKETE, Marina GADONNEIX, Dora GARCIA, Paul GRAHAM, Tibor HAJAS, Mohssin HARRAKI, Frank HEINZ, Hans HOLLEIN, George J. SOWDEN, Véronique JOUMARD, Nadia KAABI-LINKE, Yazan KHALILI, Eric KLARENBEEK, Natalia LL, Ana LUPAS, Basim MAGDY, Ernest MANCOBA, Daniel MASCLET, Susan MEISELAS, Josef MISTECKY, Katalin NADOR, Timur NOVIKOV, Mihai OLOS, Kirsten    ORTWED, Oseloka OSADEBE, Liliana PORTER, Khalil RABAH, Younès RAHMOUN, Evariste RICHER, Seher SHAR, Alan SHIELDS, Peter SHIRE, Ettore SOTTSASS, Heidi SPECKER, Matteo THUN, Collectif UNTEL, Ming WONG, Billie ZANGEWA et Tao ZHOU.

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