Vue de l'Ircam - © Philippe Barbosa

7. LES INSTITUTIONS ASSOCIÉES

 

#2018, LA BPI SE TOURNE VERS SON AVENIR

Après l'année de célébration des 40 ans du Centre Pompidou, l’année 2018 a représenté pour la Bibliothèque publique d’information un tournant important.

RÉNOVER ET DIVERSIFIER LES ESPACES DE LA BPI

Le projet de rénovation de la Bpi a pour objectif d’adapter les services et une partie des espaces de la bibliothèque aux nouveaux usages de lecture et d’accès à l’information et à la connaissance. Le projet touche environ 40 % des espaces publics de la Bpi, qu’il s’agisse de l’ajout de locaux et de dispositifs d’accueil ou de nouvelles missions qui s’implantent à l’intérieur de la bibliothèque. L’objectif est de diversifier les espaces tout en conservant les places de lecture et de rénover la bibliothèque autour de thématiques structurantes (activités culturelles, cinéma documentaire, actualité de la presse et de l’édition, apprentissage tout au long de la vie, médiation numérique, éducation artistique et culturelle).

Bpi © Vinciane Verguethen
Bpi © Vinciane Verguethen#
Bpi © Vinciane Verguethen
Bpi © Vinciane Verguethen#
La salle de travail de la Bpi © Vinciane Verguethen
La salle de travail de la Bpi © Vinciane Verguethen#
Bpi © Vinciane Verguethen
Bpi © Vinciane Verguethen#
La salle de travail de la Bpi © Hervé Véronèse
La salle de travail de la Bpi © Hervé Véronèse#

Ce projet, pleinement conforme à la politique et à l’histoire du Centre Pompidou, permet de renforcer l’apport de la Bpi aux activités pluridisciplinaires du Centre Pompidou et de favoriser la mixité en rétablissant l’entrée de la bibliothèque par la Piazza avec une file d’attente distincte et un accès des usagers au niveau 2, via la Chenille. 

Les bénéfices attendus de ces modifications sont : 

  • une plus grande synergie des publics au sein du Centre Pompidou, une meilleure intégration des usagers majoritairement jeunes et franciliens de la Bpi, ce qui renforcera l’attractivité du Musée et de l’offre du Centre Pompidou auprès de ces publics ;
  • un renforcement de la participation de la Bpi à l’action pluridisciplinaire du Centre Pompidou ;
  • un meilleur accueil sur la Piazza, notamment au regard des conditions actuelles de déploiement de la file d’attente de la Bpi côté rue du Renard ;
  • un gain de surfaces pour des activités de médiation à l’intérieur de la bibliothèque.

De nouveaux espaces permettront de développer et de diversifier l’offre de la Bpi : 

  • un espace d’exposition permanent ;
  • une salle de rencontres et de projections ;
  • un espace d’actualités pour présenter les nouveautés de l’édition et de la presse, notamment les collections en art et les ressources numériques ;
  • un pôle cinéma documentaire (centre de ressources, postes de consultation, projections) ;
  • des studios de pratique et de création musicale ;
  • un espace « Nouvelle génération » (BD, romans graphiques, jeux vidéo, nouveaux usages) se déployant sur tout le niveau 1 ;
  • quatre nouvelles salles d’atelier, dont trois équipées en matériels informatiques afin de renforcer les ateliers de conversation, d’apprentissage informatique et numérique, ainsi que la recherche d’emploi.

Les travaux auront lieu de juin 2019 à juin 2021 (sous réserve). Les espaces rénovés seront progressivement mis en service jusqu’à la fin des travaux.

DES ACTIVITÉS CULTURELLES INTENSIFIÉES

Au cours de cette année, le cinéma a également été au cœur des préoccupations de la Bpi. En effet, l’année 2018 a été marquée par les 40 ans du festival Cinéma du Réel, centré sur la création contemporaine. Quant à la Cinémathèque du documentaire, elle a ouvert en janvier avec la rétrospective consacrée à Johan van der Keuken et a proposé des projections quotidiennes.

Affiche des 40 ans du festival Cinéma du Réel © Cone, 1984Affiche des 40 ans du festival Cinéma du Réel © Cone, 1984
Par ailleurs, la Bpi entend remplir pleinement son rôle de grand établissement culturel grâce à sa triple action en matière d’action culturelle, de médiation et d’éducation culturelle et artistique. Outre le cinéma, la programmation de débats et de rencontres est déjà bien établie depuis de nombreuses années. Les expositions riches et originales font date, autour de Jean Echenoz en 2017-2018, puis « Riad Sattouf, l’écriture dessinée » jusqu’en mars 2019 qui attire un public nombreux de jeunes pour qui L’Arabe du futur est une référence incontournable.

Avec la multiplication des ateliers (de conversation, numériques, autour de l’emploi et de la formation), des masterclasses et des permanences, la médiation connaît depuis quelques années un développement très important. Désormais, elle fait partie prenante de l’action de la Bpi et complète par le « faire » l’accès à la connaissance plus académique.

L’éducation artistique et culturelle constitue un véritable terrain d’innovation pour la Bpi en direction notamment de l’éducation à l’information ou à l’image.

Le rayonnement de la Bpi repose sur cette vie intense relayée par son action territoriale qui développe auprès de la profession journées d’étude et présence dans les réseaux nationaux et internationaux.

 

#L’IRCAM, UNE INTERACTION FÉCONDE ENTRE RECHERCHE, TECHNOLOGIE ET CRÉATION

D’EXCELLENTS RÉSULTATS POUR L’UNITÉ MIXTE DE RECHERCHE « SCIENCES ET TECHNOLOGIQUES DE LA MUSIQUE ET DU SON » 

L'un des studios de recherche acoustique de l'Ircam © Philippe BarbosaL'un des studios de recherche acoustique de l'Ircam © Philippe Barbosa

L’année 2018 marque une étape importante pour les activités de recherche de l’Ircam. Portées par l’unité mixte de recherche « Sciences et technologies de la musique et du son » (STMS), elles sont à présent intégrées à la faculté des sciences de Sorbonne Université, nouvelle entité issue de la fusion des universités Paris 4 et Paris 6 en janvier 2018.
Les excellents résultats de l’évaluation scientifique, conduite en 2018 par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres), ont permis d’attester de l’interaction féconde entre recherche scientifique, développement technologique et création musicale contemporaine. Ils ont conduit au renouvellement du contrat quinquennal liant les activités de recherche au CNRS, à Sorbonne Université et au ministère de la Culture.

UN PROJET SCIENTIFIQUE RENOUVELÉ

Le renouvellement du projet de recherche, porté par Brigitte d’Andréa-Novel, professeure détachée de l’École des Mines de Paris à Sorbonne Université et directrice de l’UMR STMS depuis 2018, propose trois axes d’étude du monde sonore et musical :

  • L’atelier du son aborde le phénomène sonore comme un phénomène physique mais aussi comme une information numérique engageant des techniques mathématiques et informatiques ;
  • Le corps musicien vise la musique et le son perçus et produits par des humains qui interagissent avec un environnement, une machine ou d’autres êtres humains. Le sonore ne se réduit plus à une vibration mais devient un véhicule permettant l’interaction ;
  • Les dynamiques créatives abordent la musique et la question de la créativité musicale à travers ses représentations et ses formalisations.
La chambre anéchoïque © Philippe BarbosaLa chambre anéchoïque © Philippe Barbosa

Ces trois champs, qui parcourent les sept équipes disciplinaires du laboratoire, traversent le monde sonore et musical dans sa dimension physique et numérique, sa perception et sa production par un sujet humain, en lien avec les enjeux de création et de créativité.

LA VIVACITÉ DES LIENS ENTRE RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET RECHERCHE MUSICALE

L’année 2018 a permis de réaffirmer la vivacité des liens entre recherche scientifique et recherche musicale.

Les deux premières thèses en composition, issues du nouveau dispositif des doctorats en art et financées au sein de Sorbonne Université par le Collegium Musicæ, ont été soutenues en décembre 2017. La qualité des travaux leur a valu la reconnaissance de la communauté artistique, en 2018 :

  • Sasha J. Blondeau est lauréat de la Villa Médicis ;
  • L’apport de Daniele Ghisi sur l’apprentissage profond dans la génération et la navigation du matériau sonore a nourri la machinerie musicale qu’il a élaborée pour La Fabrique des monstres, une création théâtrale de Jean-François Peyret. 
Ircam © Philippe BarbosaIrcam © Philippe Barbosa

Les journées Méridien offrent un nouvel espace de rencontre aux chercheurs et aux artistes permettant de repérer les problématiques émergentes de la création musicale et d’initier de nouvelles interactions. 

Le programme de résidences artistiques s’est renforcé, en particulier à travers des résidences conjointes avec le Zentrum für Kunst und Medien (ZKM) de Karlsruhe (Allemagne) et la Société des arts technologiques (SAT) de Montréal (Canada). 

On peut également souligner l’aboutissement des travaux sur l’orchestration avec la nouvelle version d’un outil développé avec le compositeur Carmine Emanuele Cella et la Haute École de musique de Genève, ainsi que le démarrage du réseau international Actor sur ces mêmes thématiques.

L’EXCELLENCE DE SES CHERCHEURS

Ircam © Philippe Barbosa
Ircam © Philippe Barbosa#
L'un des studios de recherche acoustique de l'Ircam © Philippe Barbosa
L'un des studios de recherche acoustique de l'Ircam © Philippe Barbosa#

Plusieurs chercheurs se sont distingués en 2018 en recevant de prestigieux prix :

  • Jean-Julien Aucouturier, chercheur du CNRS en sciences cognitives dans l’équipe Perception et design sonores, a reçu le prix de l’Émergence scientifique de la Fondation pour l’audition pour ses recherches fondamentales sur les émotions dans la parole et la musique. Son approche originale permettra d'intégrer la dimension sociale du langage à la compréhension de l’audition ;
  • Patrick Susini, responsable de l’équipe Perception et design sonores, a reçu le prix Chavasse pour ses travaux sur l’articulation entre l’utilité et la beauté dans la pratique du design sonore ;
  • Thibaut Carpentier, ingénieur d’études dans l’équipe Espaces acoustiques et cognitifs, est récompensé par la Médaille de cristal du CNRS pour ses travaux de conception, de développement et de diffusion de systèmes audionumériques innovants dédiés à la spatialisation des sons.

DES ACTIONS DE MÉDIATION POUR PARTAGER LES AVANCÉES DE LA RECHERCHE

"Solaris", par Dai Fujikura © Bengt Wanselius
"Solaris", par Dai Fujikura © Bengt Wanselius#
Reprise Répons de Pierre Boulez à New York © Stéphanie Berger
Reprise Répons de Pierre Boulez à New York © Stéphanie Berger#

Afin de partager les résultats de ses recherches artistiques avec le plus grand nombre, l’Ircam a initié deux nouveaux cycles de médiation :

  • les conférences participatives Ircam Talk qui explorent les processus de création d’une œuvre ou d’élaboration d’une technologie ;
  • les portes ouvertes thématiques Studio 5, en direct qui proposent des rencontres avec les scientifiques et les artistes sur leur lieu même de travail et de création. Le grand public y découvre la fabrique des prototypes. Parmi les sujets traités : la voix, la spatialisation sonore, le geste et les objets connectés, les nouvelles lutheries…

L’Ircam, acteur de la révolution du son : le projet de la création d’une filiale 

À l’heure où le pouvoir du son et de la voix s’étend à toute la société à travers l’émergence de nouveaux usages, aux enjeux à la fois sociétaux, éthiques et économiques, l’Ircam a la volonté d’amplifier sa démarche de valorisation industrielle. Une équipe-projet s’est constituée en 2018 en vue de la création d’une filiale, qui portera cette nouvelle offre B2B alliant les technologies et les savoir-faire issus du laboratoire. Sa proposition de valeur pour le futur regroupe des solutions pour le son en tant que :

  • interface homme-machine (transformation du son et de la voix, synthèse vocale, text-to-speech) ;
  • environnement (spatialisation du son, écoute immersive) ; 
  • data (indexation, recommandation musicale).

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’AMI Culture, patrimoine et numérique du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) auquel le projet sera soumis en janvier 2019.

 

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